Madrid. Le Pundonor et la Toreria !!!

Ajouté le: 02/10/2011 10:55

Sensationnel engagement de Fandiño et Mora.
La corrida de Gavira : Seulement « fachada » ! Mais… quelle « fachada » !


Fini !!! On ne peut plus parler des perles de l’un, des dentelles de l’autre, des julipiés qui valent « deux oreilles » d’un coup… On ne parle presque plus de tout le reste de la temporada. Ni Jose Tomas, ni G10!!!En une seule après-midi, face à une corrida très charpentée, redoutablement armée, et… très mauvaise, de Gavira, deux toreros, deux hommes, ont rendu au costume de lumière tout son honneur, toute son « étincelance »…
     ... Et c’est ce qui fait toute la différence avec nous, pauvres bougres, tout juste bon à nous asseoir sur un tendido, ou devant un ordinateur, en râlant d’abondance.
     ... Et c’est tout ce qui fait la différence avec une vingtaine de bougres, surpayés, portant le maillot bleu, à condition de ne pas le mouiller trop, et de ne pas « groupir !! » dans l’adversité… Hier, les joueurs (pas l’entraîneur ; pas le sélectionneur ... les joueurs !) ont fait honte à la France, non parce qu’ils se sont faits battre par le Tonga, et fort  justement, mais bien parce qu’ils ne se sont pas battus, eux, solidairement… Scandaleux !!!!
     Le jour où l’on viendra en une équipe de France, quelle qu’elle soit, « gratuitement », pour l’honneur de porter le maillot… alors peut-être aura-t-on « d’autres batailles ».

     En tout cas, « bataille il y a eu ! » hier à Madrid, pour un mano a mano qui, malgré un lot et un sort contraires, a créé plusieurs moments de vraie émotion torera ; de vraie joie Aficionada; de grande admiration pour la façon d’être en torero, en artiste, mais avant tout « en homme » et bon compagnon, malgré la compétition… face à un toro de combat, magnifique de prestance, mais un peu moins de brave noblesse.

La corrida de Gavira n’a pas voulu se livrer, entre faussement faible et sans race, vite à la défensive… Un sobrero de Lozano remplaça valablement le premier qui alla se casser un piton, à peine rentré au cheval… Hélas, il s’abîma une patte, à mi faena, laissant juste Fandiño « se planter les pieds », pour deux séries de droitières, comme autant de signatures, à la carte d’identité.

La course, qui avait rempli Las Ventas jusqu’au toit, débutait avec « mal fario ». Ensuite, ce fut dur ! Très dur ! Mais les hommes « firent tout », et même bien plus ! Sensationnels de décision, de courage, de technique et de « superbe torera ».
     Sensationnel, Fandiño, dans ses quites, ses muletazos, ses deux estocades, dont celle au cinquième, salpicado plus haut que lui, qui lui valut une de ces cogidas dont on ne s’échappe pas sans mal, normalement… Une oreille vint récompenser Dieu et le torero, le premier ayant fait deux grands quites au second, pendant la tarde.

Sensationnel David Mora, qui ne peut que donner vuelta, au sixième, après s’être également fait durement accrocher, chacun dans la plaza étant sûr qu’il était gravement touché. Sensationnel, Mora, quand il va recevoir son premier, à portagayola ; lorsqu’il « accompagne », au capote ; lorsqu’il se les fait passer très près, avec cet « empaque » bien à lui… Grand torero et grand bonhomme !
     Superbe image que celle de Fandiño brindant son premier à David Mora.
     Hier, ces deux hommes-là ont rendu tout son honneur à la Fiesta Brava.
     Hier, en des circonstances très contraires, ces deux hommes-là ont rendu bien plus grand service à la Fiesta Brava, que tous ceux qui, convaincus ou non, bien à l’abri de leur stylo automatique, ses sont battus pour… signer !!!
     J’ai écrit que je refusais de signer !!! Mais pour « ces deux-là » et l’image « vraie », humaine et professionnelle, qu’ils ont donnée  hier de « la vocation Torera » et « du Pundonor Torero », je signe dix, cent, mille fois !!!
     Ivan y David, David et Ivan, vous avez été « des hommes, et des… Torerazos ! » On le sentait… c’est confirmé ! Et nous sommes tous « de enhorabuena ». Chapeau, Messieurs!

     Samedi 1er Octobre – MADRID (Las Ventas) – 2ème corrida de la Feria de Otoño (3ème de abono) – Plaza pleine – Grand beau: Toros de Gavira, supérieurement présentés et armés (le salpicado cinquième étant « una estampa ») qui, hélas, manquèrent vite de forces et de race, se défendant souvent, courts et violent, avec un peligro sordo parfois. Mansos les trois, cinq et sixième ; Le beau premier se cassa le piton gauche, étant remplacé par un sobrero de Lozano Hermanos, « qui servit », mais s’abîma un antérieur, durant la faena. En fin de paseo, les deux toreros, vêtus de neuf, saluèrent une immense ovation. Au palco royal, l’Infante et ses deux enfants.
     Ivan Fandiño (de vert laitue et or) : Ovation ; Silence ; Une oreille – Terriblement secoué en rematant un quite, au deuxième. Miraculeusement indemne (mais probablement « moulu », fit tout le reste de la corrida, ayant passé un jeans par-dessus sa taleguilla « rota », complètement hachée. Vaillant, solide comme un chêne, têtu comme un Basque, Fandiño brava l’adversité, durant toute la tarde, tira de méritoires muletazos, « en redemandant », au prix de mille menaces, au point que le public lui demandât d’arrêter. Il porta deux estocades « royales », au premier et cinquième, cette dernière en se faisant affreusement accrocher. Tout le monde croyait à la grosse cornada. « Enorme » de pundonor, Ivan Fandiño, qui coupe la seule oreille du jour (bien que cela n’ait aucune importance, vu le mérite total des deux diestros.
     David Mora (de vert amande pâle et or) : Silence ; Silence ; Vuelta – aurait pu couper, peut-être, s’il avait mieux tué. Mais de lui il faudra retenir la superbe élégance dans tout ce qu’il fait, même dans l’adversité. Un toreo et une suprême élégance, presque hautaine, « à la Dominguin », mais… devant d’autres toros ! « Enorme » de toreria, David Mora !
     Hier, ces deux hommes méritaient mille puertas grandes !!! Qu’on est heureux de l’écrire ! (Cela, oui… je le signe !)

Patrick Beuglot
www.toros2000.com

Photo. Emilio Mendez.

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