Mont de Marsan. Les hortensias du tendido 5

Ajouté le: 20-07-2019 09:36

Mont de Marsan. Vendredi. Troisième de la Feria de la Madeleine. Plein.
Toros de Fuente Ymbro. Le second ‘Pijotero’, nº 148, né en en aôut 2014, vuelta al ruedo.

 

Miguel Ángel Perera, oreille après avis et silence.
Alberto López Simón, deux oreilles et oreille.
Pablo Aguado, ovation et silence.

 

Il est une belle tradition au Plumaçon, ce sont ces hortensias, bleus pâle, fraîchement coupés qui tombent du tendido 5 lors des vueltas réalisées par les matadors triomphants. Miguel Angel Perrera et Alberto López Simón, à deux reprises pour sa part, ont bénéficié de ce présent modeste mais chaleureux. C’est le symbole d’une arène qui a de la catégorie, où le public nombreux, exigeant mais respectueux, sait apprécier les durs combats qui pèsent sur les épaules des combattants.

 

« En avoir ou pas ? », c’est la question qu’avait posé Hemingway et hier au Plumaçon, il fallait « en avoir » pour triompher. La corrida de Fuente Ymbro bien présentée, quoiqu’inégale, astifina a donné un jeu compliqué, amer, dangereux et au bout du compte émouvant. N’est-ce pas là l’essentiel ? Dans le lot un toro supérieur, le second, « Pijotero », fils de « Jasmin » gracié dans ce même ruedo par Tejela. Un toro para las vacas diront même certains qui fit une vuelta, à juste titre très applaudie.

 

Miguel Angel Perera ouvrait le bal, il tomba sur un animal encasté mais rétif qui se défendait dans des coups de tête brutaux. Bien peu sont ceux qui résistent à la muleta de Perera. Torero impavide, à l’aguante impressionnante, pétri de valor seco, vertu propre aux toreros extremeños. Miguel Angel touché durement au bras, ne lâcha rien et l’animal fini par se livrer, assujetti. Au second passage, il ne put imposer sa loi d’airain à un Fuente Ymbro compliqué auquel manqua la force suffisante pour construire une faena de la qualité de la précédente.

 

Jour de gloire pour Alberto López Simón, promesse trop vite montée en herbe et injustement renvoyé à ses chères études par ceux-là même qui le portaient au zénith. Il eut la chance de tomber sur un grand toro, « Pijotero ». Un toro qui se livra au cheval pour ensuite briller par sa caste conquérante qu’il fallait calmer sans l’éteindre ; un toro exigeant. Alberto par son toreo viril, sérieux orné de détails enthousiasmants comme ces deux « arrucinas » hallucinantes, su se mettre à la hauteur de ce beau combattant dont on put voir grâce à son entrega toutes les qualités. C’est son courage qui plut par la suite. Durement touché par le cinquième, pervers dans son agressivité, il revint pour terminer le boulot et il le fit en allant à màs. Alberto sort du trou noir du bache. Celui que l’on avait désigné un peu vite comme le successeur de Tomas, a montré aujourd’hui que, dans les mains de Diego Robles son nouveau mentor qui mena Ojeda puis Padilla, il peut revenir à son meilleur niveau.

 

 

La rude opposition du jour n’était pas faite pour Pablo Aguado. Le triomphateur de Séville ne put montrer sa classe et son goût que dans de courts moments au premier comme au second passage. Il a néanmoins été l’auteur de l’estocade de la tarde au sixième. Pablo qui a ses fans sur nos terres ne put jouir des hortensias du tendido 5. Ce n’est que partie remise.

 

Reseña de Pierre Vidal

Photo de Emilio Méndez



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