Mont de Marsan. Le meilleur pour la fin

Ajouté le: 19-07-2019 09:42

Mont de Marsan, jeudi. Feria de la Madeleine. Lleno.

Toros de Luis Algarra.

Sebastián Castella, oreille et ovation et saluts;

Cayetano, silence et sifflets; 

Álvaro Lorenzo, silence après avis et oreille. 

Salut de Rafael Viotti après avoir banderillé le premier.

 

Il n’y a pas de garantie en tauromachie et le vocabulaire taurin utilise à tort l’expression de « ganaderia de garantie » on en a eu la preuve hier au Plumaçon où les toros de luis Alagarra prévus pour la confrontation majeure du cycle, celle où devait s’opposer Castella à Roca Rey n’ont pas donné le jeu pour lequel ils étaient programmés. Cet axiome qui postule l’imprévisibilité du  spectacle taurin en fait sa fragilité en un sens mais surtout sa force car demeure le charme de la surprise, du doute et de l’interrogation. Frappant, hier au Plumaçon, de voir la patience et le respect d’un public qui s’est contenté de siffler plusieurs Alagarra à l’arrastre, c’était le moins, et qui s’est manifesté contre Cayetano à l’issue de son second combat -il l’avait cherché. Réactions mesurées…

Corrects mais inégaux de présentation les toros de Luis Alagarra ont fait preuve de faiblesse, au cheval ils ont été médiocres et par la suite ils se sont tous éteints comme des chandelles. Sauvons le sixième, « Solito », un grand toro, soulevant le cheval sur plusieurs mètres, humiliant et répétant avec de la vibration. Un sur six, le bilan est maigre.

 

Grand professionnel, dans un grand moment Sébastien Castella tira le maximum du tambour-major qui avait de la classe mais montrait une faiblesse côté moteur et cela dès le début du combat. Entrée de faena par statuaires immobiles, spectaculaires qui plurent. Sébastien avait su se mettre le public dans la poche d’emblée, il le garda avec jusqu’à la fin d’un travail qui alla pourtant à menos mais emporta l’adhésion. Il mit son second, trois fois au cheval sans raison, le brinda au conclave sans raison non plus et la faena tourna court en raison de l’inanité de l’Algarra.

 

Cayetano avait dû attendre 17 ans d’alternative pour cette présentation montoise, son père Paquirri avait fait le bonheur des tendidos du Plumaçon , les anciens s’en souviennent et son grand-père Antonio Ordoñez, avant lui, mais hélas ! Il ne reste que peu d’aficionados de cette génération pour s’en souvenir. Il était donc le remplaçant idoine d’Andrés Roca Rey toujours handicapé au dos. Il n’a pas pu saisir cette opportunité en raison de la médiocrité de ses opposants. On l’attendait à l’épée et là aussi il a déçu.

 

C’est le jeune Alavaro Lorenzo qui décrochera la timbale avec l’excellent sixième. Il eut du mal à le soumettre, débordé par la caste de l’animal. Mal débuté, son travail s’améliora dans un second temps dans le style classique qu’il souhaite adopter. Il finit franchement à la hausse par une série de derchazos sans épée, multipliant les changements de main. Le public entra alors totalement dans l’ouvrage du jeune homme. Une entière plate mais d’effet rapide lui permit de couper une oreille qui va lui servir.

Ainsi on avait gardé le meilleur pour la fin.

 

Reseña de Pierre Vidal.

Photo et résumé vidéo d'Emilio Méndez.    



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