Mont de Marsan : O Bella Ciao

Ajouté le: 18-07-2019 09:41

Plaza de toros de Mont de Marsan . Mercredi, première de la Feria de la Madeleine. Casi lleno.


6 Toros de La Quinta.

Daniel Luque, ovation et oreille.
Emilio de Justo, ovation et saluts aux deux.
Thomas Dufau, silence après avis aux deux.

Salut des banderilleros Manolo de los Reyes au troisième, Manolo Caricol au quatrième et Morenito d’Arles au cinquième.

 

Corrida très bien présentée de La Quinta, forte, armée pointue, dans le type si particulier de cet élevage. Tous cardeños; avec une estampe : le quatrième toro plus clair que ses frères, la robe tirant sur le blanc. La course, dans son comportement n’eut pas le rendement espéré. L’ensemble fut brave au cheval sans véritablement y briller et son attitude sous les leurres fut très différent d’un toro l’autre. Le premier dangereux, le second maniable, le troisième se réservant, le quatrième très noble mais juste de force, le cinquième sans transmission, le sixième très encasté. Une corrida qui dans l’ensemble a fait transpirer les coletudos. Les « La Quinta » au lieu de cette noblesse franche qu’ils ont parfois, ont développé au contraire ce peligro sordo qui ne passe pas aux tendidos mais qui met à mal le moral des toreros, le danger et les complications étant toujours présents.

 

Daniel Luque après avoir abrégé en professionnel sa première faena face à un animal qui ne cessait de le chercher sous la muleta, toucha le bon numéro par la suite. Le quatrième, le candide du jour, bien que manquant de force, humiliait de bon cœur. Luque vit les avantages à tirer de cette opposition et donna une leçon de toreo grande dès qu’il prit la cape jusqu’à la fin de la faena. Tout fut du même tonneau, d’un artiste en pleine possession de ses capacités : Véroniques soyeuses, cadencées, le corps galbé, le torero de Gerena terminant la session par une demie à encadrer. A la muleta ce fut comme un enchantement, un charme andalou, une sorte de magie qui fit oublier la naïveté du La Quinta. L’épée défectueuse limita le succès à une oreille. Le public du Plumaçon accompagna Luque dans son tour de pist au son du classique chant révolutionnaire italien «O Bela Ciao » interprété par (l’excellente) banda de Grenade. L’enthousiasme à son comble : c’était mai 1968.

 

De l’entrega chez Emilio de Justo qui a brillé à la cape lors de ses deux passages. Il n’eut pas l’équivalent de l’adversaire idéal dont avait hérité Luque. Le premier La Quinta qui lui échut se réservait et ne rompit que durant de courts moments ce fut donc une faena inégale terminée médiocrement à l’épée. Il fut largement au-dessus de son second qui ne transmettait rien. Ses efforts méritoires ne portèrent pas leurs fruits. Le public ne rentra pas dans la faena. Il fut cependant fortement applaudi pour sa détermination et son professionnalisme.

 

Dure journée pour Thomas Dufau qui abrégea dans un premier temps face à un animal peu commode mais qui semblait avoir sa faena, voulant miser sans doute sur la suite. Hélas, l’opposant qui sortit en sixième ne s’en laissait pas conter. Thomas ne put s’imposer face à ce dur à cuire qui le fit reculer, perdre les papiers et qui l’envoya bouler heureusement sans dommage. Il ne put en aucun moment dominer la caste de ce redoutable toro de La Quinta qui lui dicta sa loi. Beaucoup de pression –jouer à domicile ça n’est jamais facile !-, une opposition sévère, des compagnons de cartel plus expérimentés cela faisait beaucoup pour le jeune landais.

Il y a des jours sans, il y aura des jours avec.

 

Reseña de Pierre Vidal

Photo et vidéo résumé d'Emilio Méndez 



Partager
Twitter